February 28th, 2011
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December 3rd, 2010
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Banques, Carbone et point(s) d’interrogation

Suite à la publication des résultats de l’étude d’Utopies sur l’empreinte carbone des activités financières, deux interrogations majeures appraissent.

Elles portent sur deux oublis majeurs qui me semblent mettre en cause la méthode :

  • le concept de best-in-class dans la mesure directe d’impact environnemental,
  • le concept d’effet rebond de la sphère socio-économique vers la sphère environnementale,

La mesure se base uniquement sur la répartition sectorielle des encours bancaires (investissement et crédit) et se résume donc a indiquer quelles sont les banques qui financent les acteurs des secteurs les plus émetteurs de GES (énergie, transport, bâtiment). Or ce sont ces mêmes acteurs, que cela plaise ou non, qui sont le plus à même de réduire à court terme (avant 2020) les impacts carbone des pays industrialisés, et c’est par le financement de leur stratégie d’innovation que l’on peut espérer observer des progrès concret. Pénaliser leur financement, c’est handicaper les acteurs du changement. On se peut que reconnaître à l’inverse, que leur inaction est aussi la plus potentiellement pénalisante, et il ne faut donc pas non plus avantager aveuglément leurs besoins de financement. D’où le principe du « best-in-class » dont la robustesse a aujourd’hui été longuement éprouvée en ISR, qui consiste à favoriser les meilleurs, parmi les industries à plus haut potentiel de réduction carbone. Aucune trace de ce concept dans la méthodologie proposée, alors que tous les indicateurs par secteur sont à disposition (DJSI par exemple).

Plus délicat encore, l’oubli de l’effet rebond. Des manquements récents en terme de gouvernance ont eu des répercussions de second rang extrêmement graves en termes d’avancées vers une économie mondiale « moins » carbonée. La gouvernance est un des piliers du développement durable (premier core subject d’ISO 26000 par exemple) et ce n’est pas qu’une simple habitude rhétorique de soutenir que les piliers du développement durable sont intrinsèquement liés. En effet, la dernière crise financière, liée à une série de manquements en termes de gouvernance a fortement impacté les politiques environnementales par l’intermédiaire de l’économique et du social. Tout d’abord les entreprises, ont mis en suspens certains de leurs projets environnementaux pour parer au plus urgent (l’absence de liquidités d’investissement) et les politiques ont dû revoir la hiérarchie de leurs agendas politiques pour parer à la crise sociale, faisant suite à cette crise écologique. Une meilleure gouvernance de l’activité bancaire, notamment des produits dérivés fortement volatiles (certes très utiles en couverture mais trop souvent utilisés à des fins spéculatives), aurait limité l’impact de la crise, et de ses effets rebond. Or les produits dérivés sont considérés dans cette méthodologie comme ayant une empreinte carbone… “nulle”, car non ils sont considérés par les auteurs de l’étude comme “non liés à l’économie réelle”…

Pour l’instant, peu de recul des observateurs sur ces questions…

A suivre!

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